Demain tous en voiture électrique ? Des freins restent à lever

Partout, les véhicules électriques sont considérés comme l’avenir de la mobilité. Alors pourquoi ne suscitent-ils pas plus d’engouement auprès des particuliers ? Coût, peur de manquer d’autonomie… autant d’obstacles qui peuvent être surmontés.
  • Le véhicule électrique, bientôt pour tous

Le saviez-vous ?

Chaque année, le parc automobile mondial consomme près de 1 515 milliards de litres de carburant.

Passer des caburants fossiles aux véhicules électriques : une nécessité environnementale. Mais pour y parvenir, il faut tout d’abord rassurer le consommateur sur le coût et la praticité de ces véhicules. C’est là que les pouvoirs publics entrent en jeu.

L’avenir de la mobilité passera impérativement par des solutions plus écologiques pour se déplacer d’un point A à un point B. À l’heure actuelle, on dénombre plus d’1 milliard de véhicules utilitaires légers (voitures, camionnettes, SUV, 4 x 4, pick-ups, etc.) à travers le monde. Ce parc émet plus de 3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an, soit près de 40 % des émissions totales du secteur des transports.

Partout sur la planète, les gouvernements sont parfaitement conscients de la nécessité de passer à des formes de transport plus écologiques. La tendance est donc aux législations qui encouragent la transition de l’essence à l’électricité. La France et l’Espagne, par exemple, ont choisi d’interdire la vente de véhicules à carburants fossiles d’ici 2040, une date ramenée à 2030 par l’Allemagne et le Royaume-Uni. Mais les conducteurs sont-ils réellement prêts à franchir ce cap ?

La crainte de débrancher l’essence

Pour de nombreux consommateurs, la transition vers un véhicule électrique reste au point mort. Coût, autonomie, manque de praticité de la recharge continuent de peser lourd dans la balance, au moment de décider de sauter le pas. Et ces inquiétudes ne se résoudront pas du jour au lendemain.

Si le nombre de bornes de recharge pour véhicules électriques a doublé dans le monde ces trois dernières années, dépassant ainsi le cap du million, ces bornes se trouvent majoritairement en Europe et en Chine. Et même là, elles sont loin de constituer un réseau suffisamment dense pour dissiper les craintes des consommateurs. En effet, une étude menée par l’Université de New South Wales au Pays de Galles fait ressortir un aspect psychologique dans la relation entre les consommateurs et l’autonomie des véhicules électriques. Certains conducteurs ressentent une « anxiété sur l’autonomie », la crainte de ne pas pouvoir repérer rapidement une borne de recharge lorsqu’ils parcourent une longue distance. À cela s’ajoute la frustration provoquée par la lenteur des temps de chargement, dans l’éventualité où ladite borne est trouvée.

De plus, bien que le prix des véhicules électriques ait considérablement chuté ces dix dernières années, la production et donc l’achat de ces véhicules restent plus onéreux que pour les véhicules à carburants fossiles. Aujourd’hui, l’écart entre les coûts de fabrication de deux véhicules de taille similaire, l’un à batterie électrique et l’autre équipé d’un moteur à combustion interne, est d’environ 10 000 dollars (un peu plus de 8400 euros), selon une étude menée par le MIT en 2019. Même si les coûts d’une batterie ne cessent de baisser, cette enquête estime que les véhicules électriques resteront plus chers à produire, au moins jusqu’en 2030.

Démocratiser les véhicules électriques

Cependant, de nombreux pays sont en bonne voie pour surmonter ces obstacles et rallier une grande partie du public à cette cause. Le coût des batteries, et donc le prix à l’achat des véhicules électriques, baissera au fur et à mesure que les volumes de production augmenteront. Et l’extension du marché se traduira par une plus grande diversité des véhicules électriques, et une demande accrue en infrastructures de recharge accessible. Un cercle vertueux, dans lequel chaque nouveau véhicule électrique acheté rend cette alternative encore plus attrayante.

Comme le précise l’étude du MIT, « le soutien précoce accordé par les pouvoirs publics aux véhicules à carburant alternatif peut impulser une trajectoire d’adoption qui s’auto-alimente, et a déjà contribué à renforcer le déploiement de ces véhicules ».

Pour les législateurs, deux voies s’imposent pour encourager l’adoption. La première consiste à poser un cadre légal qui favorise la hausse du nombre d’utilisateurs de la première heure. Cela peut passer par des subventions et des crédits d’impôts pour abaisser le coût des véhicules électriques pour le consommateur, et l’instauration de taxes sur les véhicules émetteurs de carbone, à l’instar de la zone d’émissions ultra-faibles (ou péage urbain) à Londres.

Deuxièmement, les législateurs doivent encourager les investissements dans les infrastructures de recharge pour véhicules électriques. Un réseau dense de bornes, sur l’ensemble du territoire, est indispensable pour favoriser l’acceptation de ces véhicules par le grand public.

Si les véhicules électriques ne représentaient que 2,6 % des ventes automobiles mondiales en 2019, ce pourcentage traduit une hausse de 40 % par rapport à 2018. Même en 2020, où la demande en véhicules neufs a chuté en raison de la crise sanitaire mondiale, les ventes de véhicules électriques ont continué d’augmenter. La révolution est en marche et l’avenir de la mobilité s’annonce de plus en plus placé sous le signe de l’électricité.



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