Transports en commun : nouveau lieu de vie ?

Des trains avec des fauteuils de massage et une salle de yoga, des gares lumineuses qui accueillent des galeries d’art et des espaces de co-working : les transports du quotidien ne veulent plus être des lieux de contrainte mais plutôt s’imposer comme de véritables lieux de vie.
  • Mettre les matériaux au service du confort

Des trains toujours plus confortables, avec des fauteuils de massage et une salle de yoga, des gares lumineuses qui accueillent des galeries d’art et des espaces de co-working : les transports du quotidien ne veulent plus être des lieux de contrainte mais plutôt s’imposer comme de véritables lieux de vie.

Comment rendre agréables des lieux trop souvent associés au stress et à la promiscuité ? Autrefois purement fonctionnels, les trains, métro, trams et bus sont dorénavant pensés comme des lieux de vie, s’adaptant aux besoins et au profil de chaque usager.

Un voyageur veut être au calme pour lire un bon livre ? Une salle lui sera spécialement aménagée dans le train, avec une lumière tamisée, une ambiance sonore apaisée, des sièges individuels et une prise USB pour recharger son téléphone. Un autre voyageur souhaite discuter avec ses amis ? Une salle avec des sièges de vis-à-vis et une lumière plus franche lui sera dédiée. Pour créer ces ambiances distinctes, le vitrage joue un rôle déterminant : en réduisant le bruit, en isolant thermiquement mais aussi en jouant sur la transparence et la transmission de la lumière grâce aux nouveaux verres intelligents. Intelligents au point de répondre… au geste et à la voix, comme les vitrages conçus par Saint-Gobain Sekurit et Cerence pour le prototype de bus e.GO Mover. Il suffit de leur parler pour qu’ils s’obscurcissent, s’éclaircissent, livrent des informations…

Le train du futur… ou votre salon ?

« Les designers du monde entier cherchent à diversifier les ambiances et à mieux organiser les espaces dans les véhicules, de telle sorte que chaque voyageur puisse se dire je préfère cette place-là, je m'y sens mieux ! », explique Yo Kaminagai, délégué à la conception à la RATP (l’opérateur des transports parisiens, notamment en charge du métro) et membre de l’UITP (Union Internationale du Transport Public). Travailler, discuter avec ses amis, jouer avec ses enfants, prendre son repas, méditer, dormir, rencontrer des personnes… : il y a mille activités possibles dans un moyen de transport et les designers doivent envisager cette multitude d’usages pour proposer l’offre la plus différenciée possible.

D’ailleurs, l’univers ferroviaire utilise de plus en plus des codes domestiques, afin que les voyageurs se sentent comme à la maison. Des designers ont même imaginé reproduire l’intérieur d’un appartement dans un train. C’est le projet (pas si) fou de designers anglais. Bienvenue dans le Mercury High Speed Train !

Plus réaliste et surtout sur les rails dès juin 2024, le futur TGV français, co-développé par Alstom et la SNCF s’appelle Avelia Horizon. Et il replace clairement l’expérience voyageur au cœur même de sa conception. Et pour obtenir ce niveau de confort, plusieurs solutions signées Saint-Gobain sont utilisées. Cela passe par des baies vitrées toujours grandes, avec des propriétés d’isolation thermique renforcées et qui assurent une connexion internet stable (et bientôt les antennes 4G et 5G seront carrément intégrées au vitrage). Mais ce sont aussi des solutions de maintenance qui permettent de remplacer plus rapidement les vitres qui le nécessiteraient.

Le confort dans les transports en commun, cela passe aussi par la réduction des nuisances sonores. Des bruits liés au déplacement dans l’air du train, du tramway, du bus. Et si le verre contribue naturellement à la qualité acoustique des véhicules, des laines de verre spécifiques (comme celles produites par ISOVER) améliorent également le confort acoustique des passagers.

Co-construits avec les voyageurs

Sans aller jusqu’à singer le domicile, les opérateurs de transport cherchent à rendre une infinité de petits services pour nous les rendre plus familiers. La généralisation des prises USB en est un bon exemple, estime Yo Kaminagai : « Cela peut paraître un détail mais recharger un téléphone à 4 % de batterie au moment où le voyageur doit absolument passer un coup de fil important est une aide précieuse. Quand on réfléchit au design d’un intérieur, on essaie de prendre en compte chaque individu dans ses bonheurs, ses malheurs, afin que chacun se sente considéré. »

Considéré mais aussi écouté ! La co-construction avec le voyageur se développe de plus en plus dans les transports. En Suède, c’est à l’issue d’un vote sur Internet que les usagers ont décidé que leur nouveau train s’appellerait « Trainy McTrainface ». A Boston (USA) en 2015, la Massachusetts Bay Transportation Authority n’arrivait pas à choisir entre plusieurs designs pour ses nouvelles lignes de métro. Les voyageurs ont tranché eux-mêmes lors d’un vote en ligne. A Paris (France), ce sont également les usagers qui ont décidé de la couleur des sièges de leur nouveau train de banlieue. Le voyageur a repris le pouvoir : l’époque où il n’était un anonyme au milieu d’une foule tout aussi anonyme est définitivement révolue.

Des gares et du confort

Alors même si les transports en commun ne seront sans doute jamais de vrais « chez soi », les voyageurs s’y sentent désormais de plus en plus… chez eux ! Une évolution vers toujours plus de confort que l’on retrouve également dans les gares et stations de métro.

Une approche que l’on peut apprécier, par exemple, dans la nouvelle gare TGV de Kenitra, au Maroc, dont la façade a été récompensée en septembre 2019 par le Prix mondial de l’architecture et du design (Prix Versailles) dans la catégorie "Gares et stations" pour le plus bel extérieur. Avec sa façade habillée de vitrages Cool-Lite Saint-Gobain et de plaques de plâtre Placo®, la gare a été conçu pour offrir à ses utilisateurs une parfaite isolation thermique et une transmission lumineuse élevée. Autre pays, même philosophie qui lie esthétique et confort des voyageurs : la façade de la gare TGV de la ville de Konya, au centre de la Turquie, a été équipée de près de 10 000 m² de plaques Glasroc® X. Un produit choisi par les architectes pour sa facilité et sa rapidité de pose, mais surtout pour sa résistance à l'humidité, au feu et aux UV.

Et si, le confort, ce n’était pas d’oublier que nous sommes dans les transports en commun ? Vue de loin, la station « augmentée » de Limmaplatz à Zürich s’apparente à un charmant bar en extérieur à l’ombre d’un grand arbre et d’un toit géant. A quelques encablures des tables et des chaises se faufilent pourtant les rails d’un tramway. Le design de cette station illustre une petite révolution : les lieux de transport se transforment en lieux de vie. Les frontières se brouillent toujours plus quand ces lieux de passage deviennent des lieux de destination, quand ces lieux de quasi-contrainte deviennent lieux de détente.

La revanche des non-lieux

Dans les années 1990, l’anthropologue français Marc Augé avait trouvé un nom pour qualifier ces espaces interchangeables où les humains demeurent anonymes, et dont les gares étaient alors l’archétype parfait : les « non-lieux ». Depuis, les « non-lieux » ont pris leur revanche ! Les hubs de transports se transforment en hubs de vie, aussi esthétique que confortables.

« Les évolutions en cours un peu partout dans le monde visent à apporter une touche plus familière, plus proche, plus sensible à ces lieux », analyse Yo Kaminagai. « Ce ne sont plus simplement des espaces fonctionnels, des boîtes à circulation, il s’y passe quelque chose, la vie s’y épanouit. » Le voyageur ne doit plus se perdre dans de longs couloirs impersonnels et froids, mais plutôt être saisi par l’inattendu au détour d’un voyage : une rencontre littéraire, un jeu de lumières poétique ou une œuvre d'art apportant une surprise positive au quotidien... Chaleureux, apaisés, silencieux, personnalisés : les transports en commun refusent désormais la froideur de l’anonymat !



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